Comment raconter ça ? Comment raconter la découverte d'un nouveau pays complètement différent pendant 15 jours en un, deux, trois articles ? Impossible. J'ai tenu un carnet de bord pendant ce voyage (en Chine, pour ceux qui ne le savent pas encore, depuis le début de la semaine que j'en parle...), et j'ai choisi de sélectionner quelques extraits pour donner un petit aperçu de ce que j'ai vécu. Le carnet intégral est prêtable sur demande...
[Dimanche 11 avril. Arrivée à Shanghai en fin de journée après plus de 10h d'avion.]
Shanghai m'apparaît comme résolument moderne : elle brille de ses néons multicolores, exposant ses axes routiers compliqués et ses buildings sous ce ciel sans nuances.
[Lundi 12 avril. Découverte de la ville.]
Shanghai de jour est beaucoup moins attrayante, ses couleurs éclatantes ont laissé place à un gris un peu triste. Il pleut, au loin, des buildings disparaissent dans les nuages. On nous apprend que tous ceux de cette zone ont "poussé" en moins de 6 ans ! Shanghai est un bébé à l'appétit grandissant...
[...] Nous croisons quelques mendiants sous des porches. Shanghai est neuve, moderne, mais pas uniforme, comme si sa croissance s'était faite trop vite.
[Mardi 13 avril. Sortie pour la journée à Suzhou, ville proche.]
Il est très dangereux d'être piéton en Chine. On n'a la priorité qu'après tous les véhicules, et pour éviter de se faire écraser, il faut impérativement regarder les feux : sur certains, il y a même un compte à rebours pour que l'on sache combien de temps il nous reste pour traverser ! Environ 30 secondes pour 30 mètres, il ne doit pas - plus ?- y avoir beaucoup de personnes âgées dans le coin...
[Mercredi 14 avril. Visite du plus haut building de Shanghai.]
On nous conduit dans l’ascenseur de la mort : il monte les 88 étages de la tour en moins de trente secondes ! La vue sur Shanghai est impressionnante, on constate mieux la présence d’un véritable nuage de pollution au-dessus de la ville…
[Jeudi 15 avril. Arrivée à Pékin-Beijing après une nuit de train.]
C’est très différent de Shanghai, moins moderne, moins haut, moins jeune. Il fait très chaud, on boit beaucoup, à cause aussi de cette poussière étouffante qui vole dans les airs. […] Beijing, tout comme Shanghai, est plus belle la nuit, plus fraîche surtout, plus agréable à vivre.
[Vendredi 16 avril. Visite de la Cité Interdite.]
On termine la visite en allant voir les Neuf Dragons : pour cela, il faut longer un long couloir aux murs entièrement pourpres : c’est génial, de plus, il fait déjà frais. Les Neuf Dragons (9 = chiffre de l’empereur) sont une giga fresque en céramique peinte, aux couleurs superbes.
[Samedi 17 avril. Temple du Ciel.]
Précisons que nous avions trouvé (enfin, Mayou), un perce-oreille dans la salle de bain le matin. […] On va se promener dans un corridor couvert et l’on s’étonne de la convivialité des parcs chinois : un peu partout, des groupes jouent de la musique, et autour d’eux, tout le monde chante, rit, joue aux cartes, tricote…
[Lundi 19 avril. Temple de Confucius, puis Temple des Lamas.]
(Confucius) Dans le temple, on se sent bizarrement respectueux, j’ai presque envie de m’agenouiller sur le coussin destiné aux « adeptes »… (Plus tard, Lamas) Devant chaque temple, les gens font leurs prières et brûlent de l’encens. On se sent intrus à regarder leur dévotion… En même temps , et contrairement aux églises françaises, austères, on se sent accueilli en ces lieux aux couleurs éclatantes et qui respirent la sérénité (comme beaucoup d’endroits en Chine, j’ai l’impression).
[Mardi 20 avril. Grande Muraille de Badaling. Soirée autonome dans les petites rues de Beijing.]
Je suis assez étonnée par cette visite, voire un peu déçue… Je m’attendais à quelque chose d’un peu mystérieux, très haut, avec de la brume (j’ai trop regardé Mulan) et tout le tralala… La Muraille est située dans les montagnes, mais n’est pas très haute en elle-même (6 mètres ?). Pas de brume bien sûr, un grand soleil et beaucoup de vent. Pour le mystère, hum ! C’est hyper touristique, avec marchands ambulants et boutiques dans les tours de la Muraille. Sinon, c’est beaucoup plus escarpé que je ne le pensais ! A certains endroits, il faut même s’aider des mains pour atteindre la marche suivante.
[…]
On déguste [nos pastèques fraîchement achetées] en se promenant dans les rues « non officielles » et assez pauvres. On en vient bien sûr au concours du crachat de pépins de pastèque (Mayou et moi). Mayou a dû s’entraîner, elle me bat à l’aise ! Cat explose la moitié, voire les neuf dixième de sa pastèque sur le trottoir ! Le mieux : Mayou qui éclate la sienne par terre 30 mètres plus loin ! […] Le crachat de pépins nous amène à la manière de cracher des Chinois : ils font un raclement de gorge très bruyant. Très agréable à entendre quand on est en train de manger… […] Mayou fait un bruit de chat en colère, et moi c’est pas bien mieux… Mais comment font-ils ?
[Mercredi 21 avril. Visite matinale du Temple du Ciel.]
A 6h30, nous entrons dans le parc. Il y a déjà plein de monde (dans les rues aussi, la circulation est déjà dense) : tous les Chinois viennent faire leur petite gym matinale, jeunes et vieux, hommes et femmes… C’est assez surprenant. On fait un peu tache avec nos tronches de filles-qui-ont-pas-assez-dormi-et-qui-ont-des-cernes-jusqu’au-menton… […] On tombe sur un groupe d’une cinquantaine de personnes qui fait des étirements. On se met à l’écart et on observe : quelques instants plus tard, une musique démarre et ils commencent à faire leur choré, tous absolument synchros ! C’est impressionnant… [Après un trajet en bus.] Les Chinois utilisent beaucoup les transports en commun, et les bus et les métros sont très souvent « bien remplis ». Au moins, c’est écologique… [Dîner dans la rue gourmande.] On goûte à plusieurs trucs : oisillons (trop d’os), vers luisant, serpent (un peu caoutchouteux mais trop bon) et surtout scorpion ! C’est absolument délicieux, croustillant, avec un petit goût de frite…
[Vendredi 23 avril. Grande Muraille de Simatai.]
Pour regagner la vallée, le clou de la journée : une immense tyrolienne qui part du pied de la Muraille et qui arrive en bas, en passant par-dessus un grand lac… On se lance chacune à notre tour. C’est assez lent, on a le temps d’observer le paysage, c’est génial…
[Samedi 24 avril. Seul et unique dîner à l’hôtel (heureusement).]
On découpe les canards devant nous, puis on s’installe à des tables. C’est alors que les serveuses nous donnent nos canards dans des barquettes, avec une poche de sauce, une d’oignons et des pancakes. Du canard laqué A EMPORTER. On gueule un peu et ils sont bien obligés de nous alisser le manger sur place et de nous filer des assiettes et des baguettes. C’est très bon, mais présenté comme ça, c’est un peu décevant…
[Retour à l’hôtel après le cybercafé.]
Cat et moi faisons quelques roues au beau milieu de la rue sur un coup de tête. C’est tellement bon d’être là. De retour à l’hôtel, on fait un méga squatt dans la chambre de Bruno : une bataille de guilis s’engage, qui dégénère vite en une bataille d’oreillers garçons-filles… qui s’arrête lorsqu’une des lampes de chevet est arrachée du mur et pendouille lamentablement. Jusqu’à 2h30, Bruno (aidé mentalement par nous autres qui nous faisons des massages) cherche une solution pour réparer cette fucking lampe… Après avoir essayé fil, crayons, dentifrice, il abandonne et on va tous dormir un peu, puisqu’on est censés se réveiller à 5h…
[Dimanche 25 avril. Le long retour en avion…]
On n’échappe pas à LA loi de l’aéronautique : lorsqu’on nous sert le repas (1er plat français depuis 15 jours : on dévore), «tududu nous traversons une zone de turbulence »…
Voilà, c’est tout, c’est trop et c’est pas assez. Je veux voyager.

